Histoire POLITIQUE & FAMILIALE Je témoigne
Histoire POLITIQUE & FAMILIALEJe témoigne

Claudine CHOMAT - MICHAUT - CASANOVA

1915 - 1995

 

Née dans une famille très modeste, orpheline très tôt, Claudine s’est très vite engagée dans la vie politique, tout d’abord aux Jeunesses Communistes.

Malgré son jeune âge elle eut très vite des responsabilités. Elle « monte » à Paris à la demande du Parti Communiste. Elle épouse Victor MICHAUT en 1937.

Tout en créant avec Danielle CASANOVA, Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER et Jeannette VERMEERSCH l’UNION des JEUNES FILLES de France, elle lutte contre la guerre d’Espagne puis s’engagea dans la Résistance dès 1939. Elle y luttera dans l’illégalité jusqu’à la Libération en 1945. Notamment en favorisant la coordination de l’action clandestine entre la Zone Nord (occupée) et la Zone Sud (« libre »). Elle a pris ainsi de très gros risques.

Après la guerre ce fut la création de l’UNION des FEMMES FRANCAISES, et parallèlement des responsabilités au sein du Comité Central du PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS.

En 1961 elle quitte le Parti à la suite de l’éviction de Laurent CASANOVA (son second mari épousé en 1948) et à cause de ses propres divergences avec le Parti.

A partir de là elle travaille dans le privé comme comptable son premier métier.

Claudine est restée fidèle au PCF jusqu’à sa mort (ainsi que Laurent) et a demandé que l’on inscrive son appartenance politique sur sa tomb

 

Certains des documents de ce récit, et bien d’autres ont été donnés au Musée de la Résistance Nationale de Champigny par mes soins et selon le désir de Claudine. Mais avant j'ai tout numérisé d'autant plus que ces documents par milliers témoignent de l'activité de Claudine durant la Résistance mais aussi sont de précieux documents de l'époque

 

 

Marie-Claude HUGUES née MICHAUT- vous remarquerez  que mon prénom 

 est celui de Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER

 

Exemples de sa vie par ordre chronologique :

Claudine née le 7 février 1915 à Saint-Etienne (Loire), son père est mort pour la Patrie en septembre 1914, avant sa naissance. Elle fut adoptée  par la Nation le 9 juin 1919.

Jean-Marie CHOMAT son père était mineur. Il faisait partie de l’Amicale Laïque du quartier le plus pauvre de la ville nommé curieusement « Le quartier du Soleil ». C’est au Soleil que vécut Claudine jusqu’en 1934.

 

Famille CHOMAT

La mère de Claudine "Philomène"

décédée lorsqu'elle avait 5ans

Jean Marie CHOMATmineur de fond à St Etienne (Loire)

Jean-Marie est tué dès le début de la guerre 14/18

avant la naissance de Claudine

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La grand-mère

 

Elle a élevé toute seule ses petits enfants, Jean-Marie l’aîné qui est devenu mineur de fond puis responsable communiste élu conseiller municipal après la guerre de 39/40, il s’est marié avec Emma fille d’imprimeur devenue elle même imprimeur elle a dirigé son imprimerie dans laquelle elle travaillait seule. Ils ont eu deux enfants Paul et Danielle mes cousins germains.

Jeanne était l’aînée des filles, elle a perdu son mari Marius quand sa fille Marinette était petite et ne s’est jamais remariée.

C’est ma tante Jeanne qui m’a un peu élevée pendant la guerre et j’avais des sentiments de caractère filial , je la considérais un peu comme ma mère !

Elle était femme de ménage dans une école maternelle s’occupant bien des enfants pour aller aux waters elle lavait tous les jours le plancher à l’alcali, ça sentait fort et ça piquait les yeux !! j’aimais bien cette odeur Tante Jeanne s’en servait aussi pour laver la vaisselle à la maison rue Ferdinand une rue sombre de St Etienne que j’aimais bien. Il n’y avait ni l’eau courante ni les waters dans l’appartement situé au dernier étage…mais j’y reviendrais

Julienne la préférée de ma mère j’ai toujours été jalouse d’elle, j’ai toujours pensé que ma mère la préférait à moi. Bizarrement elles sont elles sont mortes pratiquement à la même époque, le jour ou ma mère a été hospitalisé nous avons appris la mort de Julienne. Julienne avait eu un mari qui la battait avec qui elle a eu un fils Marcel qui la battait aussi et qui est mort bien avant elle !! Pour le travail elle a toujours été aidée par ma mère , elle était femme de ménage ou travaillait en usine puis à la mairie d’Ivry.

Enfin Claudine la plus jeune  ma mère la plus belle la plus intelligente qui a été choisie parmi les enfants pauvres pour avoir une bourse et faire des études de comptabilité. Elle est devenue responsable nationale , secrétaire générale de l’UFF, membre du Comité Central du Parti Communiste, Résistante ..mais j’en reparlerai.

 

La grand-mère qui je crois ne savait pas lire ..c’est drôle de la voir avec un livre entre les mains. C’est bien sur une photo prise chez le photographe. Les plis de sa robe sont très raides et bien repassés,  je me demande si elle lui a été prêtée par le photographe ou si c’était son habit des dimanches ?

C’était une brave femme qui de façon bourrue  accostait les enfants sur le pas de sa porte à la sortie de l’école pour leur recoudre un bouton leur faire une petite reprise ou leur donner des beignets !!

Il y a une chose sur laquelle elle était intraitable, il ne fallait jamais acheter du pain frais parce que ça se mangeait trop vite et qu’ils étaient pauvres. Ma mère a été tentée une fois ….elle m’a dit combien elle se souvenait de la mémorable raclée qu’elle avait reçue !!

Au fait elle a été obligée d’élever tous ses petits enfants parce qu’ils ont perdu leur père dès le début de la guerre 14/18 ma mère n’était pas née elle était dans le ventre de sa mère qui elle est morte d’un cancer quand Claudine avait 5 ans ..elles dormaient dans le même lit !!


 

 

Les mains de la grand-mère

 

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1933

Fête de « l’avant-garde » Organe de la Jeunesse Communiste 1933, à Saint-Etienne (LOIRE) Claudine a 18 ans.

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AUTOBIO Moscou 31 janvier 1934

 

CHOMAT Claudine Jenny

 

Née à St Etienne le 7 février 1915 mon père est mort à la guerre en septembre 1914 – Nous tenions alors un café – et ma mère avait 3 enfants  et moi en attente. Elle est morte 5 ans après ma naissance et c’est ma grand mère qui nous a élevé tous les 4. Nous avons quitté le café et nous vivions de nos propres ressources à part les pensions de pupilles. J’appartiens aux  JC je suis aux jeunesses depuis le mois de juin.

 

 

 

1932 : Je suis secrétaire de rayon des JC de St Etienne 6 mois après mon adhésion c’est à dire au mois de décembre on m’a demandé à la direction, non parce que politiquement j’étais forte – non parce que je ne l’étais pas – mais il n’y avait pas beaucoup de copains. Actuellement je travaille au Service Départemental des Associations Sociales à St      Etienne 24 rue Georges Tessier depuis le 29 juillet 1932 – en pratique  je suis sténo dactylo.

 

Ayant fait 3 années d’école Pratique de Commerce et d’Industrie j’ai commencé à travailler  en juillet 1930 toujours comme sténo dactylo, ma première place a été chez Girard et Basset magasin de pièces automobiles. Ensuite chez un fabricant de rubans où j’ai été renvoyée, le patron ayant découvert que j’appartenais  à la FCDT (dès les premiers temps où je suis entrée dans les organisations). Je suis restée 4 mois chômeuse – ce qui m’a permis d’aider les organisations telle le SRJ pour le travail pratique (dactylographie …etc) et ensuite chez un patron sympathisant (électricité)

 

Entre temps j’avais écrit au préfet une lettre d’admission aux assurances  sociales  comme étant pupille de la nation – et j’ai été admise le 29 juillet 1932. Actuellement je gagne 24 frs par jour. D’autre part j’ai d’autres ressources  je touche la pension de ma mère 720 frs tous les 3 mois jusqu’à 21 ans.

 

Après avoir obtenu  mon certificat d’études bien que ma grand-mère n’était pas riche nous sommes restées ma sœur et moi 3 années à l’école pratique de Commerce et d’Industrie. J’étais dans la section commerciale et ais obtenu le diplôme d’aptitudes commerciales.

 

Comme Mopubo Lea – Morivaux. Léa dès 25 /V-34 jusqu’à mai 1935 faisait ses études à l’école Léniniste  Internationale à Moscou.{ 11 mai 1934 C.Chomat est venue en Union Soviétique

 

Ayant fait 3 années d’école Pratique de Commerce et d’Industrie j’ai commencé à travailler  en juillet 1930 toujours comme sténo dactylo, ma première place a été chez Girard et Basset magasin de pièces automobiles. Ensuite chez un fabricant de rubans où j’ai été renvoyée, le patron ayant découvert que j’appartenais  à la FCDT (dès les premiers temps où je suis entrée dans les organisations). Je suis restée 4 mois chômeuse – ce qui m’a permis d’aider les organisations telle le SRJ pour le travail pratique (dactylographie …etc) et ensuite chez un patron sympathisant (électricité) .

 

Entre temps j’avais écrit au préfet une lettre d’admission aux assurances  sociales  comme étant pupille de la nation – et j’ai été admise le 29 juillet 1932. Actuellement je gagne 24 frs par jour. D’autre part j’ai d’autres ressources  je touche la pension de ma mère 720 frs tous les 3 mois jusqu’à 21 ans.

 

Après avoir obtenu  mon certificat d’études bien que ma grand-mère n’était pas riche nous sommes restées ma sœur et moi 3 années à l’école pratique de Commerce et d’Industrie. J’étais dans la section commerciale et ais obtenu le diplôme d’aptitudes commerciales.

 

Comme Mopubo Lea – Morivaux. Léa dès 25 /V-34 jusqu’à mai 1935 faisait ses études à l’école Léniniste  Internationale à Moscou.

{ 11 mai 1934 C.Chomat est venue en Union Soviétique}

 

Imaginez cette orpheline d'origine très modeste arrivant à MOSCOU !!!

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© Marie-Claude Hugues